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Didi-Huberman, Georges

Devant l´image

  • Editorial: Editions Minuit
  • Páginas: 332
  • Año: 1990
  • Precio: 32.80 €
  • EAN: 9782707313362
Disponibilidad
  • La Central del Museo Reina SofíaInmediata
  • La Central del RavalInmediata
  • La Central (c/Mallorca)Inmediata
  • La Central de Callao4 / 5 días
  • La Central del MUHBA4 / 5 días

Ce livre développe une question critique posée et reposée à nos certitudes devant l´image. Comment regardons-nous? Pas seulement avec les yeux, pas seulement avec notre regard. Voir rime avec savoir, ce qui nous suggère que l´oeil sauvage n´existe pas, et que nous embrassons aussi les images avec des mots, avec des procédures de connaissance, avec des catégories de pensée. D´où viennent-elles, ces catégories? C´est la question posée ici à la discipline de l´histoire de l´art, dont le développement actuel - la finesse de ses outils, son impressionnante capacité d´érudition, sa prétention scientifique, son rôle dans le marché de l´art - semble autoriser le ton de certitude si souvent adopté par les professionnels de l´art, les savants de l´image. Or, qu´est-ce qu´un savoir lorsque le savoir porte sur ce Protée que l´on nomme une image? La question exige de mettre à jour la "philosophie spontanée" ou les modèles discursifs mis en jeu lorsque nous cherchons, devant un tableau ou une sculpture, à en tirer, voire à en soutirer une connaissance. Entre voir et savoir se glissent bien souvent des mots magiques, les philtres d´une connaissance illusoire: ils résolvent les problèmes, donnent l´impression de comprendre. Ces mots magiques, Vasari, le premier historien de l´art, au XVIe siècle, en a inventé de fameux, qui traînent encore dans notre vocabulaire. Panofsky, le "réformateur" de l´histoire de l´art, au XXe siècle, les a critiqués dans un sens, à l´aide d´un outil philosophique considérable - la critique kantienne de la connaissance -, mais il les a restaurés dans un autre sens, au nom de l´humanisme et d´un concept encore classique de la représentation. C´est du côté de Freud que l´on a cherché ici les moyens d´une critique renouvelée de la connaissance propre aux images. L´acte de voir s´y est littéralement ouvert, c´est-à-dire déchiré puis déployé: entre représentation et présentation, entre symbole et symptôme, déterminisme et surdétermination. Et, pour finir, entre la notion habituelle du visible et une notion renouvelée du visuel. L´équation tranquille - métaphysique ou positiviste du voir et du savoir laisse place dès lors à quelque chose comme un principe d´incertitude. Quelque chose comme une contrainte du regard au non-savoir. Quelque chose qui nous met devant l´image comme face à ce qui se dérobe: position instable s´il en est. Mais position qu´il fallait penser comme telle pour la situer malgré tout dans un projet de connaissance - un projet d´histoire de l´art.

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